Si vous n’êtes pas encore au courant, ce sont les JO d’hiver 2018 qui ont commencé hier!

En très grande amatrice de ski que je suis, et malgré mon désintérêt pour la télévision, les JO ont toujours été un rendez-vous pour moi, suivi de loin ou de près.

Perrine Laffont, skieuse de bosses, travailleuse acharnée

Cette année, pour la première fois depuis de nombreux JO, je suis en France pour les suivre. Loin de moi d’être chauvine, je ne supporte pas le hooliganisme et cette passion démesurée pour une équipe ou un pays envers et contre tout, mais quel beau moment de sport quand même! Si vous avez fait du sport, que vous êtes déjà entré dans un club, que vous avez déjà fait de la compétition, vous savez que le fossé est abyssal entre le commun des mortels sportifs et ces sportifs de haut niveau. Quand je vois Perrine Laffont descendre son champ de bosses et ‘juste’ passer un 360, pas ‘suffisamment haut’ selon son coach, je me dis que merde alors, je n’aurai jamais été capable d’avoir ce niveau moi, humble skieuse de freeride et sportive dans d’autres disciplines.

‘Le ciel est bleu, profite d’être là’

Ce que je voulais vous dire, c’est néanmoins ce qui fait qu’on débute une activité sportive et qu’on s’y sente bien. Son coach, hier, lui disait ‘Le ciel est bleu, profite d’être là’. Avoir du plaisir dans le sport que l’on a choisi, il y a parfois, bien longtemps. C’est une chance inouïe pour un sportif ou une sportive de haut niveau de participer à des JO. C’est aussi le résultat d’un travail régulier, acharnée, de blessures et de détermination. L’enjeu est énorme, une médaille étant la consécration et la reconnaissance de toutes ces années de travail.

Mais j’ai bien aimé voir Perrine discuter hier avec sa 2ème coach, une psychologue du sport. Perrine a 19 ans, elle en est à ses 2ème JO, après Sotchi en Russie, où elle était la plus jeune de l’équipe de France de ski et où elle est arrivé à la 14ème place.  Elle se met beaucoup de pression pour atteindre le podium, mais qui ne s’en mettrait pas?

La préparation mentale des athlètes

La préparation mentale, c’est pour les sportifs de haut niveau, les acteurs, les politiciens… tous ceux qui vivent des moments extrêmement stressants sous les feux des projecteurs… mais aussi pour nous tous et toutes. Cette pression qu’on se met pour revenir en France en réussissant tout, l’adaptation de nos enfants à l’école, au marché de l’emploi et à nos nouveaux travails. Je n’ai pas été soutenue pendant les démarches de préparation au départ ni à mon arrivée, mais la présence du groupe de français de retour d’expatriation m’a beaucoup aidé pour des aspects techniques mais surtout à propos de la gestion du stress lié au retour. Idem pour le groupe crée localement sur ma ville d’installation ou j’ai pu partager mon expérience et être conseillée par des membres de ce groupe. Peut-être que certains auront besoin de plus et c’est bien normal. Nous ne sommes pas des surhumains, les sportifs de haut niveau se font accompagner dans ces moments de grand stress, pourquoi pour nous, qui vivons un énorme stress dans ce retour d’expatriation, il est un peu tabou de discuter de cet accompagnement? Le reverse cultural choc est un immense stress, mais également, la pression que l’on se met pour réussir, pour prouver à notre entourage que l’on a bien fait de rentrer, oui oui, je vous jure! J

Maintenant, écoutons l’entraineur de Perrine : Le ciel est bleu, il fait beau. Il n’est pas naïf, il sait tout le travail qui a été accompli, il remet juste un peu de temporalité dans son esprit. Avoir travaillé 4 ans en amont oui, mais vivre cet instant, le ici et maintenant, en se concentrant sur ce qu’elle à faire, sentir ses skis sous ses pieds, donner le meilleur d’elle-même sans réfléchir aux conséquences, s’éclater, se faire plaisir, parce qu’à l’origine quand on choisit le ski, c’est qu’on est mordue de ce sport.

S’inspirer de ces athlètes

Parce que lorsqu’on choisit de rentrer (je sais qu’y être contraint est une autre dynamique), c’est parce qu’on a estimé qu’on y aurait du plaisir, qu’on y serait bien, peut-être pas tout de suite, mais à moyen et long terme.

Pensez à l’entraineur de Perrine et a elle en ce début des JO, mettez-vous dans la peau d’un athlète de haut niveau et dites-vous bien que malgré parfois des résultats décevants, ce qui est le lot de ces sportifs, l’important c’est d’avoir la certitude que l’on peut réussir, que l’on peut gagner et se dire aussi qu’on a pris la bonne décision de se donner dans cette discipline corps et âme parce que c’était la meilleure chose à faire dans sa vie à un moment donné. On appelle ça l’engagement en ski. A aucun moment, quand vous descendez une piste, vous ne devez douter de vos skis ou de votre trajectoire, eu égard aux stimuli extérieurs, si vous doutez à ce moment précis, vous risquer de chuter. On travaille en amont, on se questionne ou hésite, mais une fois engagée, on a un mental d’acier et on se donne à fond! On visualise ses skis et on n’écoute plus rien, ni personne. On est seul face à ses décisions mais surtout on profite des sensations!

Sur cette analogie entre le ski et le retour en France, l’occasion était trop belle pour moi qui adore le ski, je vous laisse profiter du week-end et des JO!

Allez Perrine!

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